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Comission By Milly Alexander
I ask Milly Alexander through a comission to draw one of my OC's and she's just gorgeous *-* Thank Milly for this incredible work

Her DA : milly-alexander.deviantart.com and her post : milly-alexander.deviantart.com…
Loading...
As you can see and unlike what I say in my previous post, I don't post anything since a little moment. Well...
Each time I take my tablet, I stop after few times because I know I will do an ugly drawing.
Each time I want to continue my story, I don't write a word.

So, all my excuses for those who want the next chapter or see a new drawing but there will be none until I success to produce something.

I will continue to see, comment and fav your amazing work however.

Good day to you all
It's been 1 month I didn't post anything Oo I didn't pay attention to this. Well I don't find inspiration to write or draw now. For those who wait for my story or my drawing I apologize. I'll try to post quickly something new, I promise ^^
Les jours qui suivirent, et malgré l’hiver qui s’installait, Ayezo sortit de son état léthargique dans lequel elle était plongée depuis la prise de pouvoir de Larine. La ville sembla renaitre suite au retour d’Ankan et de son groupe. Sa population afficha de nouveau les sourires et la joie sur ses visages et nombreux se pressèrent au château pour voir le nouveau seigneur. Mais Ankan ne se montra pas avant un long moment. Tout le groupe s’était retrouvé dans l’infirmerie du palais pour panser ses blessures et se reposer. Ralok, Sylf et Tove s’étaient simplement reposer quelques heures tandis que Myra, Breyne et Elyr avaient pansé leurs plaies et passé quelques temps au lit. Ailane n’avait eu que quelques coupures mais avait dormi toute la journée suivant le combat, épuisée. Ankan s’était lui retrouvé bandé de la tête aux pieds à cause de ses nombreuses blessures et avait lui aussi passé beaucoup de temps aliter. Le lourk avait reçu beaucoup de visites pendant sa convalescence, de soldats ou de servants qui voulaient revoir le frère jumeau exilé de retour chez lui. Si Ankan était heureux d’être de retour chez lui et d’avoir évincé Larine du trône, tous ces regards sur lui ajoutaient de la pression à ses longues pensées qu’il avait déjà en tête. Quand il fut en état, il s’offrit une longue promenade du château en compagnie de ses amis. Sans un mot, ils parcoururent ensemble les couloirs et les pièces qu’ils connaissaient tous bien, il y a moins d’un an. Mais ici et là, ils purent voir les modifications apportées par Larine en leur absence. Avec dégoût, ils constatèrent que les quartiers réservés au seigneur de la ville avaient beaucoup changés et il ne restait quasiment rien d’Aslon, le frère d’Ankan. Il en était de même pour leurs anciens quartiers qui avaient été au mieux abandonnés, au pire mis à sac. A l’arrière du domaine, le jardin avait été tout autant laissé à l’abandon et la grande alcôve végétale aménagée pour Ralok était en grande partie détruite, ce qui attrista énormément le troll. Les servants commencèrent toutefois à s’organiser pour retirer les traces de passage de Larine, sous les directives de Breyne et Elyr. Ralok s’attaqua seul aux réparations de ses quartiers et de son coin dans le jardin alors que Myra alla en ville s’enquérir de son état et de celui des habitants. Toujours un peu perdus dans ses pensées, Ankan erra de longues heures dans les coins du château qu’il affectionnait avec son frère. Mais surtout, il revint rapidement à l’infirmerie auprès d’Ailane, toujours entourée de ses deux gardiens centaures. La jeune femme allait mieux  mais semblait avoir encore un peu de mal à se déplacer. Elle semblait aussi ne pas vouloir trop se montrer, car elle restait avant tout une humaine en terre lourk pendant un conflit entre leurs peuples. Ankan avait rapidement notifié qu’Ailane était une alliée et qu’il ne tolérerait pas d’agressions envers elle. Mais la jeune femme n’était pas tout à fait à l’aise, et ce malgré la présence rassurante de Sylf et Tove. Ankan remarqua que les centaures semblaient se préparer à un départ quelques jours plus tard, ce qu’ils lui confirmèrent quand il posa la question :

-En effet, seigneur lourk. Votre situation est désormais réglée et nous savons qu’Ailane est en sécurité auprès de vous. Ceux qui représentaient un danger pour vous comme pour elle sont désormais hors d’état de nuire.
-De plus, nous avons d’autres affaires à régler. L’hiver est une étape cruciale pour les centaures, d’autant plus avec le conflit. Nous devons rejoindre les nôtres pour s’assurer de leur bien-être.
-Merci infiniment pour ce que vous avez fait pour nous, répondit Ankan en s’inclinant respectueusement. Je prendrai soin d’Ailane, je vous le promets.
-Nous n’en doutons pas, seigneur lourk.

Sylf et Tove rassemblèrent leurs bagages sur leur dos et passèrent un moment avec Ailane avant de se rendre dans la salle du trône où le groupe était au complet, venu pour les adieux. Ankan voyait parfaitement sur le visage de la jeune femme que leur départ était source d’inquiétude pour elle. Sylf et Tove échangèrent quelques chuchotements avec Ailane avant d’ouvrir leur portail et d’y engouffrer, saluant une dernière fois le groupe. Quand ils eurent disparus, un silence tomba dans la salle avant que petit à petit, on se dispersait pour retourner à ses occupations. Ankan posa sa main sur l’épaule d’Ailane qui était restée dans la salle, les yeux dans le vague, afin d’attirer son attention :

-Suis-moi, je vais te montrer où tu pourras dormir, maintenant que tu peux quitter l’infirmerie.

Ailane acquiesça légèrement et tous deux partirent pour le second étage du palais où Ankan les mena dans une chambre, un peu à l’écart des autres. Celle-ci était plus modeste que les autres quartiers, mais possédait une vue imprenable sur les jardins du palais et la ville autour.

-Elle n’est pas aussi somptueuse que les autres, mais j’espère que cela te conviendra, dit Ankan en s’installant sur le grand lit de la chambre.

Ailane s’installa à ses côtés, rejetant une mèche de ses cheveux en arrière :

-Comparé à ce que j’ai connu, elle est très luxueuse. Elle ira très bien, Ankan, merci.
-On a pas eu beaucoup l’occasion de discuter depuis que le combat est terminé. Et je crois que je te dois bien quelques explications, maintenant. Je ne t’ai jamais vraiment expliqué ma situation et après tout ce que tu as fait pour m’aider, je te dois bien ça.
-Je ne t’ai jamais expliqué ma propre situation, Ankan. Si tu ne veux pas me donner les détails, ça ne me dérange pas. L’important, c’est que tu sois de nouveau chez toi et en sécurité.
-Je tiens quand même à te le dire. J’aimerai que tu saches qui j’étais avant que nous nous rencontrions. J’aimerai qu’après, tu puisses me donner un avis sur la situation actuelle.
-Si c’est ce que tu souhaites, entendu.

Ankan prit une bonne inspiration avant de commencer son récit :

-Dans ce cas-là, il vaut mieux commencer depuis le début. Mes parents ont été les dirigeants d’Ayezo pendant une longue période. Ils ont eu deux enfants, des jumeaux, moi et mon frère Aslon. Si physiquement nous étions deux gouttes d’eau, nous étions deux opposés au niveau du caractère. Aslon a montré des aptitudes et un intérêt pour diriger assez tôt, avant nos dix ans, alors que moi, je préférai largement les entrainements aux études du protocole. Mes parents ont donc décidés que ce serait Aslon qui héritera d’Ayezo. Breyne, qui était déjà au service de nos parents avant notre naissance, fut assigné comme garde d’Aslon, et participa beaucoup à ses études. Aslon devint le seigneur de la ville il y a trois ans, lorsqu’une épidémie virulente a emporté beaucoup des nôtres, notamment nos parents. Ce fut une période très dure pour nous mais avec du soutien, mon frère réussit à gouverner adroitement sur la ville. Etant son frère et suivant la tradition, je devins avec Breyne son garde du corps. Myra, qui connaissait Breyne, se joignit à nous quelques temps plus tard. Elyr, qui errait sur nos terres depuis le début des tensions avec les humains, se joignit à notre groupe, ainsi que Ralok. Nous étions donc tous ensemble chargés de la protection de mon frère et pendant deux ans, la situation fut relativement calme. Aslon menait d’une main de maitre Ayezo et je dois avouer que j’étais très fier de ce qu’il avait accompli. Mais un jour, tout a basculé. Il y avait depuis quelques temps d’inhabituelles tensions dans les environs. Des lourks qui disparaissaient soudainement, des réserves qui se volatilisaient. Et puis un jour, un soldat est apparu dans la salle, essoufflé et blessé. Il nous a raconté que sa patrouille avait été attaquée par une étrange créature dans les bois, hors de la ville, et qu’il avait à peine réussi à s’échapper. Avec le consentement de mon frère, j’ai décidé d’envoyer Breyne et les autres inspectés les lieux de l’attaque. Mais ce fut une terrible erreur. A peine mes amis avaient quitté la ville que des soldats, nos soldats, avaient faits irruption dans la salle, menés par Larine. J’admets que jusqu’à cet instant-là, je n’avais jamais fait attention à lui. Pour moi, il avait toujours été une sorte d’archiviste, toujours dans ses livres et parchemins dans la bibliothèque du château. Mais il avait désormais troqué ses archives pour le combat et nos troupes se tournèrent contre Aslon et moi.

Les mains d’Ankan commencèrent à trembler, au point que les articulations de ses mains qu’il avait serré deviennent blanches. Ailane posa une main sur l’épaule du lourk qui secoua sa tête avant de reprendre, après une grande inspiration :

-Mon…mon frère s’est interposé. Il les a retenu, m’a ordonné de m’en aller. J’ignore pourquoi il a voulu que moi seul s’échappe….que moi seul survive. J’ai refusé, je voulais rester à ses côtés mais il m’a poussé, poussé jusqu’à ce que je m’en aille. J’ai…j’ai fuis, aussi vite que j’ai pu. Je ne me suis même pas retourné quand j’ai entendu Aslon pousser un hurlement à glacer le sang. Des soldats…furent rapidement à mes trousses. Je me suis dirigé dans les bois et je crois que tu connais la suite, Ailane.

La jeune femme se remémora la scène qui s’était écoulée il y a quelques mois, non loin de la ville : Ankan était caché dans un groupement de rochers, le sang perlant de ses blessures. Ailane avait mis neutralisé un groupe de trois lourks qui s’approchait d’Ankan avant de tirer celui-ci hors de sa cachette et l’emmener loin de là. Ailane se souvient que les premiers temps, Ankan était dans un piteux état, ne lâchant pas un mot, un air désespéré en permanence sur le visage. La situation s’était améliorée avec le temps et lorsque les deux voyageurs avaient quittés la région. Un silence tomba entre les deux amis, plongés dans leurs souvenirs avant qu’Ankan ne reprenne la parole, en s’essuyant le visage de sa manche :

-Je…je tenais à te le dire. Maintenant que Larine est vaincu, il serait logique que ce soit moi qui reprenne le trône de la ville. Je sais que je dois le faire, mais j’ai toujours refusé ce poste, il ne m’a jamais intéressé et je ne pense pas avoir les qualités nécessaires. Qu’en penses-tu ?
-Ankan, je ne pense pas être la meilleure personne pour te conseiller. Je suis une étrangère, je ne connais rien à Ayezo. Ce que je crois, c’est que contrairement à Larine, il n’y a aucune avidité en toi et je pense que c’est une des qualités nécessaires à un dirigeant. Et je suis sure que Breyne et les autres seront heureux de t’aider. Mais si tu montes sur le trône contre ta volonté, rien de bon ne naitra de cette décision.
-Je ne me sens tellement pas à la hauteur, c’est désespérant, souffla Ankan en se tenant la tête entre ses deux mains.
-Une personne de ma connaissance a dit exactement la même chose juste avant son accession au trône, dit Ailane avec un sourire. Elle a fait un bon chef pourtant.
-J’aurai bien besoin de ses conseils.
-Je crains qu’elle ne puisse plus le faire maintenant.

Ankan dévisagea le visage attristé d’Ailane. Manifestement, elle tenait beaucoup à cette personne. Une question revint dans l’esprit du lourk, une question qu’il avait gardé en tête depuis un long moment :

-Ailane ?
-Mmmh ?
-Tu n’as jamais répondu à ma question.
-Laquelle ?
-Que faisais-tu aux abords d’Ayezo ? Étaient-ce les traqueurs qui t’avaient poussé là ?

Ankan vit la jeune femme hésiter puis respirer un coup :

-Ma foi, je crois qu’il est aussi temps de m’expliquer. Oui, c’était les traqueurs qui m’ont poussés jusqu’à Ayezo. Tu t’en doutes, je viens de l’ouest, des territoires humains. Ma famille a toujours eu des liens assez forts avec les êtres magiques, et ce, depuis l’arrivée des humains sur ces terres. Mais avec le début des tensions, les miens ont été de plus en plus vus comme des traitres et nous avons dû vivre à l’écart. La forêt contre laquelle nous nous sommes installés était connue pour abriter des êtres magiques que nous avons appris à connaitre au fil du temps. C’est ainsi que j’ai rencontré Sylf et Tove, au cours d’une de mes expéditions en forêt pour connaitre les plantes médicinales. Ils m’ont enseigné ce que je sais actuellement sur les créatures magiques. Mais il y a quelques temps, une étrange tension s’était abattue sur la forêt, l’air était malsain. J’étais de sortie lorsque je suis tombée dans une clairière sur le grand traqueur que j’ai affronté. Il était en train de dévorer l’esprit végétal qui habitait dans les bois.
-Dévorer un esprit ? Comment ?
-Les traqueurs se nourrissent de la magie contenue en chaque être magique. Un esprit étant de la magie pure, une incarnation de la nature même, ce sont des proies de choix. J’ignore comment les traqueurs extraient la magie des créatures ni même comment ce traqueur a réussi à s’en prendre à l’esprit végétal. Je n’ai pas laissé le temps au traqueur de s’apercevoir de ma présence. J’ai foncé sur lui et l’ai violement poussé. De l’esprit il ne restait pas grand-chose, le traqueur avait absorbé une grande partie de sa force. Ce qu’il restait de sa magie s’est logée en moi, d’un coup. Sur l’instant, je me sentais très étrange, comme paralysée sous la puissance de l’esprit mais je n’ai pas eu le temps de réfléchir. Le traqueur se relevait et  je me suis mise à courir dans les bois pour lui échapper. Encore aujourd’hui, j’ignore combien de temps j’ai cavalé ainsi avant de m’arrêter. J’avais encore l’esprit embrouillé par la présence de la magie en moi. Le corps des humains n’est pas vraiment fait pour contenir de la magie.
-C’est donc pour ça que les traqueurs t’en voulaient aussi. Ils voulaient récupérer l’esprit.
-Exact. Et c’est ainsi que j’ai commencé à déambuler, à la fois pour protéger l’esprit des bois et aussi pour chercher un moyen de récupérer sa partie volée. C’est également dans une forêt voisine que j’ai rencontré l’arbre gardien qui m’a donné mon bâton, il voulait me remercier pour ce que j’avais fait et me donner de quoi me défendre.
-C’est pour ça que tu avais des pouvoirs magiques, bien que tu sois humaine. La magie de l’esprit t’accordait tes facultés spéciales.
-Oui, il « communiquait » avec moi, d’une certaine manière, suffisamment pour que je puisse apprendre quelques tours. Mais pendant le combat contre le traqueur, j’ai pu récupérer la partie de l’esprit et lui redonner vie.
-Tu confirmes ce que je pensais de toi.
-Comment ça ?
-Tu es vraiment très étrange comme humaine.

Ailane lâcha un rire :

-Je ne suis pas sure de savoir comment le prendre, dit-elle taquine.
-Pas mal, je t’assure, bafouilla Ankan en agitant ses mains en signe de négation. Je veux dire que c’est la première fois que je vois une humaine aussi proche de nous, les créatures magiques. Un arbre-gardien, des druides centaures et même un esprit des bois, ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre quelqu’un qui a de telles relations.

Ailane se laissa choir sur le lit, contemplant le plafond un instant :

-Ça fait tellement du bien, alors qu’Ankan s’allongeait aussi.
-J’ai beaucoup discuté avec les autres, mais je sens maintenant que c’est surtout avec toi que je voulais parler. Je sens mes épaules s’alléger. Merci de m’avoir écouté, Ailane, merci infiniment.
-Merci d’avoir fait de même avec moi Ankan. Je crois que j’avais aussi besoin de me confier.

Les deux amis restèrent un moment en silence, allongés sur le lit côte à côté, contemplant le plafond, plongés dans leurs pensées. Ankan finit par se relever, sous les yeux interrogateurs d’Ailane :

-Je crois que j’ai pris ma décision.
-Et quelle est-elle ?
-Je ne peux pas laisser Ayezo sans dirigeant, pas en hiver, pas avec le conflit. Et je ne peux pas risquer que quelqu’un comme Larine ne monte sur le trône. Je vais le prendre, je vais devenir le nouveau seigneur d’Ayezo.
La salle du trône n’était plus qu’un champ de combat. Au début, le groupe avait encaissé les premières attaques ensemble mais rapidement, Ankan s’était séparé pour combattre Larine seul. A ce moment-là, les traqueurs en avaient profités pour séparer le groupe, de la même manière que le combat dans la clairière lorsqu’ils les avaient capturés. Ils s’affrontaient maintenant en deux contre un, hormis Ankan et Ailane qui avait été isolé par le grand traqueur. Sylf et Tove avaient tentés de l’aider mais devaient maintenant affrontés un traqueur. Breyne et Elyr affrontaient leur adversaire sur la large table de bois au milieu de la pièce et Ralok et Myra tentaient de bloquer le leur dans un coin de la salle. Le combat s’avéra plus difficile encore que le premier affrontement. Les traqueurs faisaient preuve de plus de puissance, plus de rapidité. Tove avait abandonné la lance pour ses épées, Sylf s’était retirée pour abattre sur tous leurs ennemis une pluie de flèches. Ralok tentait de boucher la vue du traqueur face à lui pour permettre à Myra de l’attaquer sur les flancs. Breyne et Elyr exécutaient presque une danse à deux en affrontant leur adversaire en équilibre sur la table. Si ceux qui combattaient ensemble arriver à tenir le choc, Ailane, seule face au grand traqueur, fut vite en difficulté. La jeune femme faisait à peine le poids contre son adversaire, dont émanaient de sombres effluves. Le miasme infecta peu à peu Ailane qui commençait à en ressentir les effets. Dans ses mains, son bâton se mettait à trembler par intermittences et la jeune femme avait aperçu, après quelques coups avec le traqueur, que le bois présentait plusieurs petites fissures. Son arme n’allait pas tenir longtemps, et elle non plus, elle le savait. Mais Ailane continuait le combat : il était enfin là, face à elle, et elle ne le laisserait pas s’en aller, malgré la peur qui étreignait sa poitrine. Le traqueur face à la jeune femme se réjouissait de la situation actuelle : sa proie était enfin face à lui. Après des mois de recherche, elle était face à lui et il allait pouvoir finir ce qu’il avait commencé, avant que cette humaine ne s’en mêle. Mais pour cela, il fallait cesser tout de suite ce combat ridicule. Le traqueur enchaina une violente série de coups, se rapprochant de plus en plus de la jeune femme qui peinait à bloquer les coups et à rester à distance du traqueur. Celui-ci finit par attraper le poignet d’Ailane et un tourbillon de miasmes les entoura tous les deux. Sylf, qui remarqua la situation du coin de l’œil, bondit pour les rejoindre mais les miasmes disparurent devant elle, ne laissant que la pierre froide du sol couverte d’une épaisse couche noire.

Quand Ailane rouvrit les yeux, elle se trouvait dans un espace vide, sans sol, sans mur et sans plafond. Avec perplexité, la jeune femme se retourna pour voir un épais bosquet dans son dos, de laquelle émanait une douce lumière provenant du centre des arbres. Elle cligna plusieurs des fois des yeux avant de se convaincre de ce qu’elle voyait, de cette vision qu’elle connaissait très bien. Ailane se trouvait actuellement dans son esprit, au plus profond de celui-ci. Mais elle resta interrogative : d’ordinaire, elle ne se retrouvait dans son esprit que pendant son sommeil ou lorsqu’elle était inconsciente. Hors ici, elle le savait, elle était éveillée et elle n’avait pas à être là. La source lumineuse dans les arbres se mit à pulser, lentement, puis de plus en plus rapidement. Ailane se retourna face au vide des environs pour voir une immense masse de miasme s’avancer, tels des nuages. Le traqueur apparut au milieu de ce tourbillon alors que le miasme se stabilisait derrière lui. La jeune femme frissonna lorsqu’elle vit dans ces effluves noirs des silhouettes de créatures magiques se tordant comme si elles subissaient milles douleurs. Le traqueur bondit vers Ailane qui esquiva son attaque avant de réaliser son erreur : la créature continuait de bondir vers le bosquet, vers la lumière qui continuait de pulser. La jeune femme poussa un long cri, les arbres frémirent. Et soudainement, le bosquet se ferma sur lui-même, le bois se tordant pour former une épaisse forteresse végétale. Le traqueur frappa de sa longue lame les végétaux qui tressaillirent mais ne s’ouvrirent pas. Ailane arriva dans le dos de son ennemi, le forçant à s’éloigner du bosquet. Les deux adversaires reprirent leur combat violent, dans un duel de défense et d’attaque. Après de longues minutes de combat, lors d’une séparation des deux combattants, Ailane, se retourna, un bref instant vers le bosquet avant de plonger son regard dans la masse d’effluves derrière le traqueur. Elle l’aperçut, un bref instant, un éclat dans la masse sombre. Il était donc là, depuis tout ce temps. Mais comment l’atteindre, au cœur du domaine du traqueur ? Celui-ci commença à comprendre ce que l’humaine avait en tête, mais pas question qu’elle réussisse avant lui. D’un nouveau bond, il projeta violement Ailane en arrière avant de foncer sur le bosquet, déchiquetant le bois de son épée. La jeune femme, reprenant ses esprits, voulut l’en empêcher mais s’arrêta. La lumière, à travers les arbres, pulsait lentement, comme rassurante. Ailane acquiesça de la tête avant de se retourner vers le miasme du traqueur et de s’y précipiter. Mais à peine elle y mit un pas que sa vision se brouilla, ses jambes tremblèrent, sa respiration devint difficile. La puissance du miasme la mit à genoux, suffocante, ses cheveux et ses habits virevoltants au grès des effluves qui avaient la force d’une tempête, sa peau noircissant rapidement. Elle n’allait pas y arriver, elle le savait. A peine consciente, Ailane eut toutefois une idée. Tant bien que mal, elle leva son bâton, qui se mit, par pulsations, à luire, de plus en plus fort. Le bois sombre devint blanc, les fissures qu’il présentait s’étendaient. Puis dans un cri de rage, la jeune femme planta son bâton dans le sol, libérant une impulsion lumineuse qui emplit tout l’espace.

Dans la salle du trône, la bataille continuait de faire rage. Un moment choqué par la disparition d’Ailane et du traqueur, le groupe avait vite repris le combat contre leurs adversaires qui ne leur laissaient pas de répit. Mais cette fois-ci, les combattants prenaient lentement mais surement le dessus. Sylf et Tove s’étaient révélés des adversaires redoutables, terrassant les premiers le traqueur face à eux. Les flèches mortelles de la centauresse volaient à travers la pièce, obligeant les traqueurs à faire davantage attention à leurs mouvements. Réduisant leurs manœuvres. Donnant un avantage au final au groupe d’Ankan. Le lourk était toujours aux prises en solitaire contre Larine et il avait le plus grand mal à garder son calme. Son ennemi lui lançait des piques qui faisaient monter sa colère :

-C’est tout ce que tu as dans le ventre, Ankan ? lui disait Larine lors d’un de leur échange de coups de griffes. Ça ne m’étonne pas que tu te sois enfui. Tu as même laissé ton frère mourir en l’abandonnant derrière toi.
-Meurtrier ! C’est toi qui as tué Aslon, tu nous as trahis. Tout ce sang versé, ces morts, c’est uniquement de ta faute !
-Vous étiez faibles, toi et ton frère. Ayezo méritait mieux.
-Toi ? Larine, tu es arrogant, tout ce qui t’intéresse c’est le pouvoir. Ayezo se détruirait avec toi sur le trône.
-Je suis pourtant resté sur le trône pendant ces longs mois pendant que tu parcourais les bois avec ton humaine.

De colère, Ankan décocha d’un geste vif un coup de griffes qui entailla la joue de Larine. Le lourk poussa un rugissement avant de plaquer son adversaire au sol, les envoyant roulés au sol. Les deux hommes s’échangeaient de violents coups, cherchant à prendre le dessus sur l’autre. Le reste du groupe, qui avait finalement mit à terre les traqueurs, regardait les deux lourks, hésitant à intervenir. Dans un instant de répit, Ankan décocha un regard à ses amis qui ne laissait pas de doute : il voulait régler ce combat seul. Ils se tinrent donc à l’écart, observant attentivement cette bataille importante, prêts à intervenir si besoin. Sylf et Tove se détournèrent du combat, rassemblèrent les traqueurs et les immobilisèrent. Tout en surveillant les créatures de l’ombre, ils observèrent là où Ailane avait disparu avec son adversaire, espérant un signe qui leur indiquerait ce qui se passait.

Le combat d’Ankan et de Larine dura longtemps, aucun des deux lourks ne voulaient abdiquer. Malgré leurs blessures, malgré leurs fatigues, malgré le sang qui coulait sur leur peau, ils continuaient à se battre. Mais les membres tremblaient, les yeux étaient mi-clos. Dans un instant de répit, Larine sortit un petit cor de sa tunique et émit un long appel grave. Après une courte attente où le groupe se figea, des bruits de pas se firent entendre dans le château. Des pas aux sons métalliques, des pas de soldats. Avec un grincement de dents, le groupe s’apprêta à faire face aux guerriers qui arrivaient mais soudain, une vive lumière apparut dans la salle, au-dessus d’eux, tellement vive qu’elle les aveugla. Quand l’éclat disparut, le groupe vit un être plus grand encore que Ralok apparaître dans la salle. Son corps humanoïde était composé de bois et de végétaux entrelacés, sa tête était surplombée d’un épais feuillage, ses pieds et ses mains étaient faites d’épaisses racines. Des lianes bougeaient gracieusement dans son dos et ici et là des fleurs multicolores décoraient son corps. Dans l’esprit de ceux dans la salle, il ne faisait aucun doute qu’ils avaient devant leurs yeux un esprit de la nature, un esprit des végétaux. Ses yeux d’or et d’émeraude dardaient la salle alors que son bras gauche maintenait fermement Ailane, inerte, tandis que sa main droite enserrait le grand traqueur par la gorge. Son corps avait quelques spasmes mais quand l’être végétal le laissa s’écraser sur le sol à côté d’Elyr, le traqueur lâcha un dernier râle avant qu’il ne devienne un tas de cendres. La créature atterrit devant Tove et Sylf et déposa doucement Ailane dans leurs bras. Il ne fallut que quelques instants aux centaures pour voir que la jeune femme était très faible, que ses forces s’étaient volatilisées. Les deux druides échangèrent un long regard avec l’esprit qui retira une des fleurs ornant le feuillage de sa tête, une airelle, qu’il déposa sur la poitrine d’Ailane. La fleur brilla un instant avant de s’enfoncer dans le corps de la jeune femme qui grimaça. L’esprit de la nature recula et se dirigea vers l’entrée de la salle, là où arrivaient les premiers soldats. Devant la créature mythique, les guerriers s’arrêtèrent instantanément et son aura menaçante les fit tous reculer sans hésitation. Aucun soldat n’osa s’approcher de la salle, malgré l’insistance de leur seigneur qui continuait de souffler dans son cor. Voyant la situation lui échapper totalement, Larine, dans un accès de rage, fonça droit sur l’esprit végétal qui lui tournait le dos. Mais ce fut une erreur lorsque les lianes de l’être magique enserrèrent d’un coup le lourk et le compressèrent peu à peu. Larine ne tarda pas à tomber inconscient et l’esprit le relâcha aussi vite qu’il l’avait attrapé, sans ménagement. Un peu abasourdi par ce qu’il venait de se passer, le groupe resta un long moment immobile avant d’oser faire un pas dans la salle. Aider de Breyne, Ankan marcha difficilement jusqu’à Larine pour vérifier son état. Le lourk était inconscient mais bien vivant, contrairement aux autres traqueurs toujours présents dans la salle qui tombèrent rapidement entre les lianes de l’esprit de la nature qui les acheva sans hésitation. Décontenancé par cette issue inattendue, le groupe se réunit pour s’assurer que chacun aille bien, sous le regard brillant de l’esprit de la nature qui lévitait derrière eux. Ankan semblait le plus mal en point bien que tous portaient des blessures à la suite de leurs difficiles combats. Au soulagement de Tove et Sylf, Ailane reprit lentement conscience, quoi qu’elle semblait assez faible. Lorsque les yeux de la jeune femme se tournèrent vers l’esprit, un léger sourire apparut sur son visage alors qu’elle émettait un soupir de soulagement. La créature mystique attrapa un morceau cassé de bois blanc dans ses feuilles et le déposa dans la main d’Ailane qui parut désolée. Elle remercia toutefois l’esprit d’un mouvement de tête avant que celui-ci ne s’entoure d’un tourbillon de feuilles et disparaisse, ne laissant au sol qu’un bouquet de fleurs et de feuilles. Après le départ de l’esprit de la nature, les soldats qui avaient reculés en sa présence s’aventurèrent de nouveau dans la salle mais ce fut alors Ankan et ses amis qui leur furent face. Devant le regard dardant du lourk, une grande partie des soldats s’arrêtèrent, hésitants, avant de se mettre à genoux, la tête basse. Une autre partie, quant à elle, recula avant de s’enfuir, désordonnée. Ankan arrêta Elyr d’un geste du bras, alors que l’elfe s’apprêtait à les prendre à chasse :

-Inutile. Il y a plus important pour le moment.

Le lourk s’accroupit auprès de Larine et retira le diadème argenté de son front pour le faire tourner entre ses doigts, enlevant les traces de sang sur le métal. Un soldat, qui semblait avoir un plus haut grade que les autres, se détacha des siens pour s’approcher du groupe :

-Seigneur Ankan.
-Jhekmaz.
-Pardonnez-moi, mon Seigneur, supplia le lourk en s’agenouillant. Tout ce qui est arrivé est de ma faute. La mort du Seigneur Aslon, votre fuite. Tout est de ma faute.
-Relève-toi, Jhekmaz. Je ne vous ai jamais blâmé pour ce qui s’est passé, toi et tes hommes.
-Larine a menacé nos familles, de même envoyer les traqueurs si nous ne lui cédions pas.
-Je le sais, je le sais, Jhekmaz. Ils m’ont raconté ce que tu leur avais dit avant leur départ, répondit Ankan en désignant Breyne, Elyr et Myra. Ce qui est arrivé n’est en rien de votre faute à vous. Le responsable, il est là.

Les yeux se dirigèrent vers Larine, toujours inconscient au sol.

-Je compte sur toi, Jhekmaz pour t’occuper de lui avec tes hommes. Qu’il pourrisse en prison le temps que je m’occupe de lui.

Jhekmaz bomba le torse avant de saluer fièrement Ankan :

-Oui Seigneur !

Le lourk fit signe à deux de ses hommes pour emmener Larine hors de la salle. Avant de la quitter, tous les soldats se mirent au garde-à-vous et saluèrent Ankan avant de sortir fièrement, comme libres d’un poids sur leurs épaules. Breyne se tourna vers Ankan :

-Ils t’ont appelés Seigneur.
-Je sais.
-Tu comprends ce que cela veut dire.

Ankan lâcha un long soupir en serrant le diadème dans ses doigts.

-Ton retour et ta victoire indiquent pour eux que tu vas reprendre le trône qu’à laisser ton frère. A leurs yeux, c’est évident.
-Je n’ai guère le choix.
-Tu as le choix, mais peux-tu vraiment laisser Ayezo. Là est la question. Après tout ce qui s’est passé, la ville a besoin de toi.

Ankan regardait le diadème qui tournait dans ses mains : il savait qu’il ne pouvait, maintenant, que prendre la place de son frère et diriger la ville. Mais le lourk hésitait : après tout si son jumeau avait été le seigneur de la ville, c’est parce que lui avait refusé le poste. Il s’était contenté d’être son bras droit et son garde, avec ses amis. Mais maintenant…

-Laisse-moi quelques temps de réflexion, Breyne.
-Entendu mais Ayezo va rapidement avoir besoin d’une réponse.
-Je sais, mais pour l’instant, j’aimerai souffler. Je crois qu’on a tous besoin de souffler un moment. Après de si longs mois loin d’ici, je voudrai avoir un moment de calme.

Breyne inclina la tête puis le groupe commença lentement à sortir de la salle. Ankan s’arrêta devant Sylf, Tove et Ailane. Le lourk et l’humaine s’échangèrent un long regard, sans prononcer un mot avant qu’Ankan ne prenne la main d’Ailane.

-Merci d’être venue jusqu’ici avec moi. Merci à vous aussi, maitres centaures.
-Ce fut un honneur, seigneur lourk.
-Ce fut un honneur pour moi. Venez, nous allons nous occuper des blessures.

Sylf et Tove acquiescèrent et maintenant toujours Ailane dans leurs bras, les deux centaures suivirent Ankan afin de récupérer après cette difficile bataille.
Chapitre 9 : Une bataille pour un trone
Je m'excuse pour le mois d'attente entre ce chapitre et le précédent, les mots avaient beaucoup de mal à sortir. J'espère qu'il vous plaira tout de même et je vous souhaite bonne lecture :)
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As you can see and unlike what I say in my previous post, I don't post anything since a little moment. Well...
Each time I take my tablet, I stop after few times because I know I will do an ugly drawing.
Each time I want to continue my story, I don't write a word.

So, all my excuses for those who want the next chapter or see a new drawing but there will be none until I success to produce something.

I will continue to see, comment and fav your amazing work however.

Good day to you all

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:icondebandsketches:
debandsketches Featured By Owner Nov 12, 2016  Hobbyist Digital Artist
je te remercie pour le fav :) et ton gentil commentaire
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:iconailane:
ailane Featured By Owner Nov 13, 2016
<3
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:iconpearl-nachtnebel:
Pearl-Nachtnebel Featured By Owner Oct 1, 2016  Hobbyist Traditional Artist
Merci beaucoup pour le llama et le watch :) 
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:iconailane:
ailane Featured By Owner Oct 1, 2016
De rien tu as une superbe galerie :D
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:iconyukimemories:
YukiMemories Featured By Owner Sep 27, 2016  Hobbyist Digital Artist
merci du llama ^^
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:iconailane:
ailane Featured By Owner Sep 27, 2016
De rien :D
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:iconblue42fox:
Blue42Fox Featured By Owner Sep 27, 2016  Hobbyist Traditional Artist
Merci beaucoup pour le Llama! :D
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:iconailane:
ailane Featured By Owner Sep 27, 2016
Merci pour le tien :D
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:iconrunshin:
Runshin Featured By Owner Aug 30, 2016  Professional Digital Artist
150816 - Thank You-2 by Runshin  
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:iconailane:
ailane Featured By Owner Aug 31, 2016
:D Thanks for your amazing gallery 
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